Après l’initiative
Nos voix réunies
263 voix ont été confiées à la plateforme, dont 79 en privé. Réunies, elles ont donné naissance à ce texte collectif.
Il s’appuie sur le corpus retenu après modération des voix déposées pendant l’initiative. Certaines formulations publiques ont été reprises ou légèrement adaptées. Les messages privés ont nourri l’esprit du texte sans être cités ni rendus reconnaissables.
L’intelligence artificielle a assisté le nettoyage du corpus, son organisation thématique et la préparation de versions de travail, sous relecture et arbitrage humains.
Nous sommes ici parce qu’il est des dates que nous refusons de laisser passer dans le silence.
Nous sommes ici depuis la Kabylie et d’ailleurs. Certains d’entre nous ont allumé une lumière sous leur propre nom, d’autres ont préféré l’anonymat. Non parce que nos convictions seraient plus faibles, mais parce que nous savons encore ce qu’il peut coûter de parler librement. Nous connaissons la surveillance, les intimidations, les poursuites, la prison et l’exil. Pourtant, malgré tout cela, nous ouvrons une brèche dans le silence qu’on voudrait nous imposer pour affirmer que nous sommes toujours là.
Nous venons d’horizons différents, mais nous nous rejoignons ici. Dans un attachement commun à la Kabylie, à son héritage, à ses valeurs et à cette part de nous-mêmes que ni le temps ni la distance n’ont réussi à effacer.
Nous ne partageons pas les mêmes parcours, mais nous partageons une même mémoire. Nous n’oublions pas. Nous n’oublions pas celles et ceux qui ont donné leur vie. Nous n’oublions pas les martyrs du Printemps noir. Nous n’oublions pas les femmes et les hommes qui ont défendu notre dignité, notre identité et notre droit d’exister. Nous n’oublions pas les prisonniers, les exilés et tous ceux qui continuent de payer le prix de leur engagement.
Leur souvenir nous accompagne. Leur courage nous oblige. Mais nous ne regardons pas seulement vers le passé. Nous sommes aussi tournés vers l’avenir avec un mot qui revient sans cesse dans nos pensées, dans nos espoirs et dans nos engagements : la liberté.
La liberté pour les prisonniers. La liberté de parler sans peur. La liberté de faire vivre ce que nous avons reçu. La liberté d’exister sans devoir nous justifier. La liberté de choisir notre destin.
Nous ne demandons pas qu’on nous définisse. Nous ne demandons pas qu’on parle à notre place. Nous affirmons simplement le droit de notre peuple à retrouver sa liberté et à construire son avenir selon sa volonté.
Nous savons que la nuit n’est pas terminée, mais nous savons aussi qu’aucune nuit ne dure éternellement. Les lumières que nous avons allumées sont modestes lorsqu’on les regarde séparément. Ensemble, elles dessinent déjà autre chose : la certitude que nous sommes encore là et que nous n’avons pas renoncé.
Nous sommes kabyles, héritiers d’une mémoire et porteurs d’une dignité que nous refusons de céder. Et nous continuerons d’avancer jusqu’à ce que la liberté devienne une réalité.
D ulaqrar ad yali wass.